Quand le mal devient ordinaire et que l’humanité semble perdre ses repères.
Depuis quelque temps, une question revient régulièrement dans mon esprit.
Une question qui peut déranger, faire sourire, provoquer des réactions ou simplement inviter à réfléchir.
Et si le diable était déjà parmi nous ?
Je ne parle pas nécessairement de cette créature aux cornes et à la fourche que l’on retrouve dans les représentations religieuses.
Je parle de quelque chose de bien plus discret. De quelque chose que nous côtoyons peut-être quotidiennement, parfois sans même nous en rendre compte.
Je regarde notre société évoluer. J’observe les comportements humains, les réseaux sociaux, les décisions politiques, les conflits et cette place toujours plus importante accordée à l’argent.
Et je m’interroge.
Sommes-nous en train de perdre ce qui fait de nous des êtres humains ?
Cet article n’a pas vocation à vous convaincre de l’existence du diable. Il s’agit d’une réflexion personnelle, nourrie par mes observations, mes expériences et mes intuitions.
Car avoir une intuition ne signifie pas détenir une vérité. Et se poser des questions ne signifie pas avoir toutes les réponses.
Le mal a-t-il réellement besoin d’un visage ?
Lorsque l’on évoque le diable, notre imagination nous renvoie souvent à une représentation bien précise.
Mais si nous regardions les choses autrement ?
Et si le diable était aussi une manière de représenter ce que l’être humain peut avoir de plus sombre ?
- La jalousie,
- La haine,
- La manipulation,
- La cupidité,
- La domination,
- Le mensonge,
- Le plaisir de faire souffrir etc.
Ces comportements n’ont évidemment rien de nouveau. Ils traversent l’histoire de l’humanité depuis des siècles.
Force est de constater que, malgré les siècles écoulés, l’être humain ne semble toujours pas tirer les leçons de ce mal. Et c’est peut-être cela qui m’interpelle le plus ! Malgré notre évolution, nos connaissances et les enseignements de l’histoire, nous continuons à reproduire les mêmes erreurs. Mais ce qui me choque aujourd’hui, c’est la facilité avec laquelle certains d’entre eux semblent être devenus ordinaires.
On humilie publiquement.
On insulte derrière un écran.
On se réjouit parfois du malheur des autres.
On détruit une réputation en quelques secondes.
Et le lendemain, on passe à autre chose.
Le plus inquiétant n’est peut-être pas que le mal existe. C’est que nous finissions par ne plus le reconnaître !
Les démons qui sommeillent en nous : une réflexion inspirée d’Aleister Crowley (1875-1947)
Une autre réflexion me vient à l’esprit lorsque je pense au mal et à la nature humaine.
L’occultiste britannique Aleister Crowley proposait une interprétation particulièrement intéressante des démons.
Dans son ouvrage The Book of the Goetia, publié en 1904, il considérait notamment les esprits de la Goétie comme des parties du cerveau humain.
Et si les démons que nous redoutons tant étaient aussi une représentation de ce qui sommeille en chacun de nous ?
- La jalousie,
- la colère,
- l’orgueil,
- la cupidité,
- la haine ou encore le désir de domination etc.
Nous sommes tous susceptibles de ressentir certaines de ces émotions ou impulsions, mais à des degrés différents.
Certains apprennent à les reconnaître et à les maîtriser. D’autres leur laissent parfois prendre une place considérable dans leurs comportements.
Et c’est là que je fais le rapprochement avec ma propre réflexion.
Et si le véritable danger n’était pas d’avoir une part d’ombre, mais de lui laisser prendre le contrôle de nos actes ?
Après tout, ressentir de la colère ne fait pas de nous une mauvaise personne. C’est ce que nous décidons d’en faire qui compte.
Je ne prétends pas que Crowley détenait la vérité, ni que cette interprétation exclut toute autre croyance spirituelle.
Mais elle soulève une question essentielle :
Avant de chercher le diable autour de nous, ne devrions-nous pas commencer par observer ce qui se passe en nous ?
C’est peut-être là que se trouve toute la contradiction de l’être humain. Nous dénonçons la violence, mais nous pouvons être violents dans nos paroles. Nous condamnons la haine, mais nous sommes parfois les premiers à juger ceux qui ne pensent pas comme nous. Nous réclamons davantage d’amour, de respect et de tolérance, mais sommes-nous toujours capables de les appliquer lorsque nos propres convictions sont remises en question ?
Il est tellement plus facile de reconnaître le mal chez les autres que d’accepter de regarder celui que nous pouvons nous-mêmes alimenter.
Et pourtant, c’est peut-être par là que tout commence.
Je ne crois pas qu’il faille être parfait pour être une bonne personne. Nous avons tous nos blessures, nos colères, nos faiblesses et nos contradictions. Mais nous avons également une conscience et une capacité à nous remettre en question.
Ce qui m’inquiète aujourd’hui, ce n’est pas seulement la méchanceté humaine. C’est cette facilité avec laquelle nous parvenons parfois à la justifier.
- Une humiliation devient une plaisanterie.
- Une insulte devient une opinion.
- Une manipulation devient une stratégie.
- Et la souffrance des autres finit parfois par devenir un divertissement.
Alors, lorsque je regarde notre société, je me demande :
Et si le diable des temps modernes n’avait même plus besoin de nous tenter, puisque nous lui offrons nous-mêmes une place dans notre quotidien ?
TikTok : le diable des temps modernes ?
Je vais certainement faire réagir avec cette affirmation, mais je l’assume : pour moi, TikTok représente une certaine image du diable des temps modernes.
Et si j’en parle aujourd’hui, ce n’est pas uniquement en tant qu’observatrice. J’ai moi-même passé une année sur cette application.
Une année durant laquelle j’ai découvert son fonctionnement, ses possibilités, ses contenus et les comportements qu’elle pouvait parfois encourager. Au départ, comme beaucoup, j’y voyais un moyen de partager, de découvrir et de transmettre.
Mais au fil des mois, mon ressenti a évolué. J’ai commencé à trouver cette application particulièrement énergivore, dans tous les sens du terme.
Mentalement, d’abord. Cette succession permanente de vidéos, de réactions, de commentaires, de jugements et de polémiques finissait par me peser.
J’avais parfois l’impression d’être plongée dans un flot incessant de sollicitations, où tout allait trop vite et où chaque sujet pouvait devenir une nouvelle source de tensions.
Et puis, il y avait aussi l’aspect spirituel.
En tant que médium et praticienne en soins énergétiques, je suis attentive à mon ressenti, à mon environnement et à la manière dont certaines situations influencent mon état intérieur.
Or, avec le temps, j’ai eu le sentiment que cette application me demandait beaucoup plus qu’elle ne m’apportait.
Elle me fatiguait mentalement et, dans ma manière de vivre les choses, elle m’épuisait aussi spirituellement.
Ce n’était plus simplement une question de temps passé devant un écran.
C’était une question de bien-être, de disponibilité intérieure et de cohérence avec ce que je souhaitais vivre et transmettre.
Alors, au bout d’une année, j’ai décidé de quitter TikTok.
Non pas parce que tout y était mauvais. Attention, il existe évidemment des créateurs passionnants, des contenus enrichissants et des personnes bienveillantes sur cette plateforme.
Mais parce que j’avais compris qu’elle ne me convenait plus.
Et je crois qu’il est important de savoir reconnaître lorsqu’un environnement, même virtuel, ne nous fait plus de bien.
Ce qui m’interpelle aujourd’hui, c’est la facilité avec laquelle certaines plateformes peuvent transformer les conflits, les humiliations et les provocations en spectacles.
- On s’insulte.
- On se juge.
- On se provoque etc.
Plus le contenu choque et plus il attire l’attention !
À quel moment avons-nous commencé à trouver normal de nous divertir de la méchanceté humaine ?
Les réseaux sociaux n’ont pas inventé la jalousie, la haine ou la cruauté. Mais ils peuvent leur offrir une scène immense… Et c’est précisément ce qui me ramène à ma réflexion sur le diable. Peut-être que le mal n’a pas besoin de prendre une apparence terrifiante. Peut-être qu’il lui suffit de trouver un espace dans lequel nos comportements les plus sombres peuvent s’exprimer, se banaliser et parfois même être encouragés.
Je ne dis pas que TikTok est littéralement le diable. Je dis simplement que cette application m’a amenée à réfléchir à ce que nous sommes capables de nourrir collectivement, parfois sans même nous en rendre compte. Mon départ, après une année, a été une manière de reprendre la responsabilité de ce que je choisissais de laisser entrer dans mon quotidien.
Car finalement, nous ne pouvons pas toujours empêcher les autres d’agir mais nous avons le pouvoir de ne pas laisser les autres nous soumettre parce que c’est tendance !
Mais nous pouvons choisir les environnements auxquels nous acceptons de consacrer notre temps, notre attention et notre énergie.
Quand l’argent prend le pas sur l’humain
Il existe un autre sujet qui m’interpelle profondément dans notre société : la place que nous accordons à l’argent, parfois au détriment de l’être humain.
Je ne suis pas naïve. Je sais parfaitement que l’argent est nécessaire au fonctionnement de notre société, de nos entreprises et de nos institutions.
Mais à quel moment est-il devenu si important qu’il semble parfois passer avant la dignité, la santé et même la vie humaine ?
Prenons l’exemple de la santé.
Lorsque j’entends parler du prix des médicaments, des restrictions budgétaires, des difficultés d’accès aux soins ou encore des débats autour du remboursement de certains traitements contre le cancer du sein, je m’interroge.
Je sais qu’il existe des enjeux médicaux, scientifiques et économiques complexes, et qu’une décision concernant un médicament particulier ne signifie pas que tous les traitements d’une maladie seront déremboursés.
Mais une question demeure :
Comment peut-on accepter que la rentabilité occupe une place aussi importante dans des décisions qui concernent directement la santé des êtres humains ?
- Derrière chaque dossier médical, il y a une personne.
- Derrière chaque traitement, il y a un espoir.
- Derrière chaque décision, il y a parfois une famille entière qui attend, qui s’inquiète et qui souffre.
Et pourtant, j’ai parfois le sentiment que notre société regarde davantage les chiffres que les visages. Ce constat dépasse largement le domaine médical. Il suffit d’observer certains comportements dans le monde professionnel, économique ou même sur les réseaux sociaux.
- La course au profit.
- La recherche permanente de pouvoir.
- Le besoin de posséder toujours davantage.
- Et parfois, cette facilité à écraser les autres pour atteindre ses propres objectifs.
Depuis quand la réussite d’une personne devrait-elle se mesurer uniquement à ce qu’elle possède, plutôt qu’à ce qu’elle apporte aux autres ?
L’argent n’est pas mauvais en lui-même. C’est un outil, un moyen de vivre, de construire et de réaliser des projets. Mais lorsqu’il devient une obsession, lorsqu’il justifie certaines injustices ou lorsqu’il nous fait oublier la souffrance des autres, je pense qu’il mérite d’être questionné.
Et c’est ici que je retrouve ma réflexion sur les démons intérieurs évoquée précédemment à travers la pensée d’Aleister Crowley.
La cupidité, l’orgueil et le désir de domination ne sont-ils pas aussi des manifestations de cette part d’ombre humaine ?
Nous n’avons pas besoin d’imaginer une force surnaturelle pour constater les dégâts que peuvent provoquer certains comportements. L’histoire nous a suffisamment montré ce que la recherche excessive de richesse et de pouvoir pouvait engendrer. Et pourtant, malgré les siècles écoulés, nous semblons parfois reproduire les mêmes erreurs.
Alors je vous pose une question :
Et si le véritable mal commençait lorsque nous cessons de considérer l’être humain comme une personne, pour ne plus voir en lui qu’un chiffre, un intérêt ou un moyen de parvenir à nos fins ?
Je ne condamne pas l’argent. Je m’interroge sur la place que nous lui donnons. Parce qu’à mes yeux, une société qui sait compter ses richesses, mais qui oublie la valeur d’une vie humaine, a peut-être perdu l’essentiel.
Une société qui semble se nourrir du chaos…
Ce climat de peur et d’incertitude qui semble s’être installé dans notre quotidien.
Les guerres, les conflits politiques, les tensions sociales, les difficultés économiques, les violences…
Nous avons parfois l’impression de passer d’une crise à une autre sans jamais avoir le temps de comprendre réellement ce qui se passe. Bien entendu, je ne prétends pas que notre époque soit la plus sombre de l’histoire. L’humanité a traversé des guerres, des épidémies, des famines et des périodes d’une violence extrême.
Mais aujourd’hui, quelque chose a changé.
Nous sommes exposés au monde entier, presque à chaque instant.
À peine réveillés, nous découvrons les dernières catastrophes. À peine une information diffusée, des milliers de personnes la commentent, la jugent et parfois la détournent. Et le lendemain, une nouvelle actualité vient remplacer la précédente. À force, je me demande si nous ne finissons pas par nous habituer à l’inacceptable.
- Une guerre devient un sujet de discussion.
- Une catastrophe devient une vidéo.
- La souffrance devient une statistique.
- Et parfois, l’indignation ne dure que le temps d’une publication.
La peur : un formidable moyen d’influence.
La peur est une émotion humaine naturelle. Elle nous permet d’identifier certains dangers et de nous protéger. Mais elle peut également influencer nos choix et notre manière de percevoir le monde. Lorsqu’une personne a peur, elle peut chercher des réponses immédiates, se raccrocher à des certitudes ou se méfier davantage de ceux qui ne pensent pas comme elle. Et lorsque cette peur devient permanente, elle peut laisser moins de place à la réflexion et au discernement.
C’est précisément ce qui me questionne. Une société constamment inquiète est-elle encore capable de prendre du recul ?
Attention dans 3; 2; 1; 0… On va bien me taxée de complotiste parce que je réfléchis… Je ne dis pas que les crises seraient volontairement organisées pour nous maintenir dans la peur. Ce serait une affirmation qui demanderait des preuves. Mais je constate que les discours alarmants, les images choquantes et les conflits permanents peuvent entretenir un sentiment d’insécurité. Et dans ce climat, il devient parfois plus facile de désigner un coupable que de chercher à comprendre.
Quand la division remplace le dialogue:
Il suffit parfois d’exprimer une opinion différente pour voir une discussion se transformer en affrontement. Nous ne cherchons plus toujours à comprendre l’autre.
- Nous cherchons à avoir raison.
- À convaincre.
- À gagner.
- Et parfois même à humilier.
Depuis quand être en désaccord signifie-t-il nécessairement devenir ennemis ?
Nous pouvons avoir des convictions différentes, des croyances différentes, des visions opposées de la société, sans pour autant nous manquer de respect. Je crois même que nos différences peuvent être une richesse, à condition d’accepter qu’elles existent.
Mais lorsque la colère prend le dessus sur l’écoute, le dialogue devient impossible. Et c’est là que je retrouve cette fameuse part d’ombre dont je parlais précédemment.
- L’orgueil qui nous empêche de reconnaître une erreur.
- La colère qui nous pousse à blesser.
- La peur qui nous pousse à rejeter.
- Le besoin de domination qui transforme une discussion en rapport de force.
Et si le chaos commençait aussi en nous ?
Finalement, lorsque je regarde ce monde qui semble parfois perdre ses repères, je me demande si nous ne cherchons pas trop souvent les responsables uniquement à l’extérieur.
- Les gouvernements.
- Les entreprises.
- Les réseaux sociaux.
- Les autres.
Bien sûr, les institutions et les personnes qui exercent un pouvoir ont des responsabilités importantes. Mais cela ne nous dispense pas de regarder nos propres comportements.
Car comment espérer davantage de paix dans le monde si nous entretenons nous-mêmes la haine dans notre quotidien ?
Comment réclamer le respect si nous refusons de respecter ceux qui pensent différemment ?
Comment dénoncer la manipulation si nous partageons des informations sans chercher à les vérifier ?
Et comment souhaiter une société plus humaine si nous devenons indifférents à la souffrance des autres ?
Alors, je reviens à ma question de départ. Et si le diable n’avait pas besoin de provoquer le chaos, mais simplement de nous laisser l’entretenir nous-mêmes ?
Peut-être que le véritable combat ne consiste pas uniquement à dénoncer le mal autour de nous. Peut-être commence-t-il par notre capacité à ne pas le reproduire.
Lucifer et Saint Michel : l’ombre et la lumière, deux parts de notre humanité :
Pour conclure cette réflexion, j’aimerais revenir à deux figures qui occupent une place importante dans l’imaginaire spirituel et religieux : Lucifer et l’archange Saint Michel.
Dans la tradition chrétienne, Saint Michel représente le combat contre le mal, la protection et la victoire du bien. Lucifer, associé à Satan dans certaines interprétations, incarne quant à lui la rébellion, l’orgueil et la chute. Deux figures que tout semble opposer:
- L’ombre et la lumière.
- Le bien et le mal.
- La chute et l’élévation.
Mais si nous dépassions un instant cette opposition pour nous interroger sur notre propre nature ? Car, pour ma part, je pense que dans toute lumière existe une part d’ombre, et que dans toute obscurité peut subsister une étincelle de lumière.
Cela ne signifie pas que le bien et le mal se valent, ni que nous devons excuser les comportements destructeurs. Cela signifie simplement que l’être humain est bien plus complexe qu’une opposition entre deux extrêmes.
- Une personne profondément bienveillante peut ressentir de la colère, de la jalousie ou de l’orgueil.
- Une personne qui a commis des erreurs peut également éprouver des regrets, apprendre, évoluer et choisir un autre chemin.
Notre part d’ombre ne définit pas nécessairement qui nous sommes. Ce sont aussi les choix que nous faisons face à elle qui nous construisent.
Saint Michel : la lumière qui nous invite à nous élever :
Dans ma lecture spirituelle, Saint Michel symbolise cette force intérieure qui nous pousse à ne pas céder à nos comportements les plus destructeurs. Son épée peut représenter le discernement : cette capacité à trancher entre ce qui nous élève et ce qui nous éloigne de nos valeurs. Son combat contre le dragon, tel qu’il est représenté dans l’iconographie chrétienne et populaire, peut également nous inviter à réfléchir à nos propres combats intérieurs.
Car nous avons tous, à différents degrés, des peurs à dépasser, des colères à comprendre et des comportements à remettre en question.
Et si le combat de Saint Michel représentait aussi celui que nous devons parfois mener contre notre propre part d’ombre ?
Lucifer : l’ombre qui nous oblige à nous regarder :
Lucifer, dans ma réflexion, représente une autre dimension. Non pas une figure que je cherche à glorifier, mais un symbole qui m’interroge sur l’orgueil, la tentation du pouvoir et la liberté de choisir. Car ce qui me frappe dans cette figure, c’est justement cette association entre la lumière et la chute.
Le nom Lucifer signifie historiquement « porteur de lumière ». Et pourtant, dans certaines traditions chrétiennes, il est devenu l’une des représentations les plus connues du mal. N’est-ce pas une image particulièrement forte pour réfléchir à la manière dont ce qui semble lumineux peut parfois dissimuler de l’ombre ?
Une belle apparence ne garantit pas de bonnes intentions. De grandes paroles sur l’amour ne garantissent pas la bienveillance. Et inversement, une personne traversant une période sombre n’est pas nécessairement dépourvue de bonté.
C’est pourquoi je pense qu’il faut apprendre à regarder au-delà des apparences.
Quand la lumière doit combattre et que l’ombre connaît l’humiliation :
Il y a pourtant quelque chose qui m’interpelle dans l’histoire de ces deux figures. Saint Michel, symbole de lumière, a dû faire preuve de violence pour combattre le mal. Dans les représentations chrétiennes, il apparaît souvent une épée à la main, terrassant le dragon. Il incarne la protection et la justice, mais son combat passe aussi par l’affrontement.
Question pour vous : la lumière peut-elle parfois devoir faire preuve de force pour se défendre ?
Car être dans la lumière ne signifie pas nécessairement être passif, accepter l’injustice ou refuser toute confrontation.
À l’inverse, Lucifer, associé à l’orgueil et à la rébellion, a connu la chute et, dans une lecture symbolique, l’humiliation. Lui qui était associé à la lumière se retrouve précipité dans les ténèbres.
Et si cette chute pouvait aussi nous rappeler que l’orgueil finit parfois par nous confronter à nos propres limites ?
Je trouve cette opposition particulièrement intéressante. Saint Michel, figure du bien, doit combattre. Lucifer, figure du mal dans la tradition chrétienne, connaît l’abaissement.
- L’un nous interroge sur l’usage de la force.
- L’autre sur les conséquences de l’orgueil.
Bien entendu, combattre pour protéger n’est pas la même chose que faire violence pour dominer. Et connaître l’humiliation ne signifie pas automatiquement devenir humble. Mais ces deux figures nous invitent à dépasser les apparences. Ce n’est pas parce qu’un acte paraît lumineux qu’il ne mérite pas d’être questionné. Et ce n’est pas parce qu’un être traverse l’obscurité qu’il est nécessairement incapable d’évoluer.
Voilà pourquoi je pense que l’ombre et la lumière ne peuvent pas toujours être réduites à deux catégories parfaitement séparées lorsqu’on les utilise pour réfléchir à la nature humaine. Je ne crois pas que notre évolution spirituelle consiste à prétendre ne posséder que de la lumière.
- Nous avons tous nos contradictions.
- Nos blessures.
- Nos fragilités.
- Nos qualités.
- Et parfois, nos propres démons intérieurs.
Mais reconnaître notre part d’ombre ne signifie pas lui donner raison. Cela signifie prendre conscience de son existence pour éviter qu’elle ne dirige nos actes. La lumière ne consiste pas à nier l’ombre, mais à apprendre à ne pas se laisser gouverner par elle. Et même dans les moments les plus difficiles, je crois qu’il reste possible de retrouver une direction, de changer et de faire des choix différents. C’est là que le libre arbitre prend tout son sens.
Alors, le diable est-il déjà parmi nous ?
Après toutes ces réflexions, je ne prétends toujours pas avoir la réponse. Mais je me demande si nous ne cherchons pas parfois trop loin ce qui se manifeste déjà dans nos comportements.
Peut-être que Lucifer et Saint Michel peuvent aussi nous servir de miroirs symboliques. L’un nous rappelle les dangers de l’orgueil, de la domination et de nos propres excès. L’autre nous invite à cultiver le courage, le discernement et la responsabilité. Et entre ces deux représentations se trouve l’être humain, avec ses contradictions et surtout sa liberté de choisir.
Nous ne sommes pas uniquement définis par la lumière que nous affichons, ni par l’ombre que nous portons, mais par ce que nous décidons d’en faire.
Alors, plutôt que de chercher constamment le diable autour de nous, peut-être devrions-nous commencer par nous demander quelle place nous accordons à notre propre part d’ombre. Et surtout, quelle lumière nous choisissons d’entretenir.
Car finalement…
L’ombre nous rappelle que nous avons encore à apprendre.
La lumière nous rappelle que nous pouvons toujours évoluer.
Et notre libre arbitre nous laisse la responsabilité du chemin que nous empruntons.
Julie
© Julie Garcia – JulieNergies
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